samedi 9 septembre 2017
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Les Bijoux de Tiilite, exemple du savoir faire des Amazighs juifs

La fabrication des bijoux a été pendant longtemps au Maroc la spécialité d’artisans juifs Amazighs. Il semble que ce monopole remonte à une période très ancienne.

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Dans les régions rurales du Maroc ; les habitant se fournissaient auprès des bijoutiers vivants dans les Mellahs.
Ces bijoutiers fabriquaient des parures des tribus environnants ; sellons des procèdes et formes adaptés par chaque tribus. Dans les régions du sud Marocaine ; on compte facilement quelques noyaux d’artisans bijoutiers les plus connus à Tiznit ; Tafraout ; Tahla et dans le sud Est Tillite était autre fois un centre de rayonnement de la bijouterie Amazigh par excellence.
L’argent été le métal caractéristique de fabrication des bijoux ruraux. Cela est du essentiellement à son cout économique mois cher par rapport à l’or.
Le départ massif des juifs du Maroc durant les années 1960 a bien favorisé la reprise de leurs métiers d’artisans bijoutiers par leurs voisins musulmans qui habitaient à proximité des anciens Mellahs.
Les femmes Amazighs ont accordé aux bijoux une grande importance à la fois comme des objets utilitaires d’une part ; d’autre part comme des éléments nécessaires au bon ornement.
L’importance des bijoux dans la culture Amazigh se manifeste également comme un héritage familial ; qui se transmet de mère en fille.
Les fibules ; les bracelets ; les anneaux ; les colliers etc. sont portés par les femmes lors des fêtes religieuses (ex Tafaska) et des cérémonies de mariage par exemple.
En effet ; le corps a été un support par excellence d’exposition de la beauté de ces bijoux !
Les bracelets amazighs de Tiilite étaient de grande taille ; allant même des fois jusqu’à un poids très lourd ; malgré cela ces pièces d’art amazigh semblent vouloir s’imposer dans l’espace féminin : les bracelets deux paires avec ; une Tazra du Louban c’est à dire collier de vrai ambre : sont toujours présents dans les cadeaux offerts à la nouvelles mariée (voir Tahrouyt N –Tislit)
Durant les années 1970 au début des vacances scolaires de l’été ; j’ai fréquenté très souvent les boutiques et anciens ateliers des bijoutiers musulmans de Tiilite .
Certains artisans de ont fait leurs premiers pas dans l’apprentissage de ce métier noble de bijoutier ; en s’exerçant même dans les petits ateliers de leurs parents.
Atelier du bijoutier Askkak (en Amazigh

Installé au réez de chaussée de la maison ; le bijoutier était autrefois assis par terre sur une natte devant une table basse avec autour de lui ces instruments de travail : l’enclume ; divers pinces (Lkate) marteaux ; Tilima qui servent aux travaux de finission des bigeux etc.
Le foyer constitué d’une plaque de poterie ; dans lequel est déposé le creuset destiné à recueillir les pièces ou les fragments d’argents qu’une fois fondues vont servir à obtenir le lingot destiné à la fabrication des bijoux. Cette phase est appelé Afsay dans le langage des bijoutiers de Tillite.
Afssay se fait souvent au petit matin selon les usages que j’ai moi-même remarqué chez les artisans de Tiilite ; et le bijoutier prend toujours son petit déjeuné dans son atelier la théière prés de sa forge l’artisan Baba X allume sa première cigarette tout en traçant dans son imaginaire la forme que va prendre son objet fabriqué.
L’artisan confectionne des moules de bracelets qui laissent leurs empreintes dans le sables humide. Cette phase est appelée en argot des bijoutiers – Ahayyi n’ Lkilb.-
Le creuset qui contient le métal à foudre est porté au rouge et le foyer est activé par une soufflerie à manivelle (.lfourj)
Les matériaux employés
L’argent est la base de la bijouterie de Tiilite ; cette préférence s’explique à la fois par le cout économique et les coutumes rurales reconnues à tout le monde Amazigh.
La pratique de l’or dans les confections des bijoux est nouvellement introduite à Kelaa Mgouna ; et surtout au début des années 1980. Période récente ou les premières implantions de boutiques de bijoutiers vendeurs des objets fabriqués en or ; qui étaient similaires à ceux exposés dans les Saghas(marchés) des grandes villes comme Marrakech ; Fès etc.
Les bijoux techniques des de décoration :
L’ornementation des bijoux est un art très ancien. Elle peut se comparer un langage dont le concept comprend un code ; c’est-à-dire un système de signes utilisés pour établir une communication.
Ce type d’analyse a été repris par Bert Flint dans son ouvrage : formes et symboles dans les Arts du Maroc.
Pour conclure ;il est important de noter que les bijoux du monde rural au Maroc ont principalement comme fonction de promouvoir la vie sociale chez la femme Amazigh comme symbole de richesse et d’appartenance à un groupe déterminé(prestige ;expression d’une préoccupation psychologique)

Brahim Abdelwahed ; Chercheur . Marrakech
Références bibliographiques :
Bert Flint ; Forme et Symbole dans les Arts du Maroc
David Rouach ; Les Bijoux Berbères du Maroc
Encyclopédie Berbère ; H.Camps-Fabrer : Bijoux
Terrasse : Note sur l’origine des bijoux du sud Marocain ; Hesperis- 1930
Enquête de terrain ; notes prises en été 1980 lors de ma visite aux Bijoutiers de Tiilite.

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