lundi 6 novembre 2017
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Berkane: lieu de la dernière bataille entre Bocchus et Jugurtha

Berkane,  est une ville marocaine située au nord-est du Maroc, dans la région de l’Oriental au nord des monts des Béni-Snassen. La ville tire son nom d’un saint de la ville, Sidi Ahmed Aberkane (en amazigh, Aberkane signifie « noir »).
La ville se situe sur le territoire de la tribu des Ait iznassen. En amazigh, Iznassen signifie « ceux qui se vêtissent avec pudeur » car c’était une caractéristique de cette tribu. Les habitants s’expriment en amazigh zénète .

Située dans les environs de Tafoughalt où une présence humaine est attestée il y a 40 000 à 100 000 ans, l’histoire des premiers occupants du site reste cependant largement méconnue.
La région de Berkane était connue des Romains puisqu’elle a été décrite par plusieurs de leurs chroniqueurs. Les Romains disaient que cette région était au bord de la Muluxa ou Mulucha (Le fleuve Moulouya). Les Romains s’allièrent avec Bocchus, le roi berbère qui régnait sur toute la région à l’ouest de la Moulouya, pour briser la résistance de son gendre Jugurtha qui dominait l’Est de Moulouya. Jugurtha fut vaincu définitivement en 105 av. J.-C. Durant la période romaine, la région fut mise en valeur : des routes furent construites, des villes furent fondées. L’agriculture se développa tandis que le commerce était actif.
De 25 à 23 av. J.-C., Juba II, un souverain berbère, administra la Maurétanie (Algérie, Maroc, une partie de la Mauritanie). Vers 42 apr. J.-C, Claude Ier annexa l’ensemble de la Maurétanie à l’Empire romain : elle fut divisée en deux provinces. La région de Berkane faisait partie de la Maurétanie Césarienne (Est de Moulouya), la Moulouya marquant la frontière entre les deux régions.
La ville actuelle de Berkane a été fondée au début du xxe siècle sur les ruines d’un village ayant existé autour du Saint Sidi Ahmed Aberkane.
À partir de 1609 jusqu’en 1614, la région de Berkane a accueilli de nombreux morisques, musulmans espagnols, chassés d’Espagne en 1609 sous le règne de Philippe III. Nombreux sont ceux qui ont débarqué par le port d’Oran et sont passés par Nedroma pour enfin s’installer dans la région de Berkane et Nador qui leur faisait tellement penser à leur terre natale. Ces familles ont conservé jusqu’à nos jours l’histoire de leurs ancêtres et parfois les clés de leurs maisons laissées en Andalousie. Notamment, les Ouled al Qadi sont des descendants des morisques berbères de Cádiar, village de la province de Grenade (dans les Alpujarras). L’ancêtre commun de cette grande famille morisque était le juge musulman (cadi) des Alpujarras orientales sous le règne nasride (royaume berbère musulman de Grenade) et dont la résidence permanente était à Cádiar d’où le nom de ce village.

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