vendredi 8 septembre 2017
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Lella Manoubia… Berbère et Sainte Patronne de Tunis, depuis 8 siècles

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Lella Manoubia , de son vrai nom Aïcha Manoubia, née vers 1180 à La Manouba et décédée en 1257, est une sainte amazigh tunisienne. Depuis presque 8 siècles, elle est la sainte patronne de Tunis.

Sa renommée est telle qu’elle lui vaut un récit hagiographique intitulé Manâqib (Vies, vertus et prodiges de la sainte) et rédigé par l’imam de la mosquée de La Manouba. Consécration très rare pour une femme, il révèle des éléments doctrinaux importants où la sainte revendique ouvertement le statut de « pôle des pôles » — la plus haute dignité dans la hiérarchie soufie — et le statut du vicaire de Dieu sur terre. De plus, il montre une femme imprégnée du savoir scientifico-théologique et très instruite sur le Coran.

Elle étudie les hadiths et les sciences de la jurisprudence islamique après avoir reçu sa formation d’Abou Hassan al-Chadhili , un maître soufi berbère marocain, dont elle est une élève. Ce dernier la nomme même à la tête de son ordre, la Chadhiliyya, lui conférant le statut de pôle de la confrérie, dirigeant de ce fait des imams. Elle va jusqu’à prier à la mosquée Zitouna de Tunis en compagnie des hommes, ce qui constitue un « fait révolutionnaire dans l’histoire du monde musulman ».

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Après sa mort, elle est inhumée sur l’une des collines de Tunis où elle a l’habitude de se retirer pour prier. Deux zaouïas lui sont dédiées, l’une autour de sa maison natale à La Manouba et l’autre à Tunis, dans le quartier de la Sayida sur les hauteurs de Montfleury ; cette dernière est restaurée en 1993.

Lella Manoubia incarne non seulement l’aspect spirituel et moral mais aussi la condition de la femme tunisienne au XIIIe siècle et les préoccupations et désirs de l’homme. Elle est une incarnation étonnante dans le contexte de la société de la fin du XIIe siècle : révolte contre l’autorité du père, rejet de l’institution du mariage et adoption de l’état de célibat accompagné d’un militantisme omniprésent.

Cela a été perçu comme suffisant pour susciter une aura partagée de peur et de vénération. Par ailleurs, les histoires populaires et pratiques rituelles des saints et des saintes de Tunis soulignent que le rapport à l’espace est déterminé selon le sexe. Seule Lella Manoubia fait exception à la règle : la femme sainte ne prend pas part au voyage initiatique. Néanmoins, elle quitte le domicile paternel pour prêcher à Tunis, reçoit et partage son instruction religieuse avec les hommes (contrairement aux autres saintes).

les arabes daechiens, ont compris que la vie et les actions de Lella Menoubia, cette Amazighe révolutionnaire, continue à influencer la mentalité des femmes tunisiennes, alors, ils ont tenté à plusieurs reprises de détruire son mausolée et son enseignement révolutionnaire pour son époque et qui reste d’actualité aujourd’hui.

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