mardi 12 septembre 2017
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Prix Driss Benzekri

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Chaque année le Prix Driss Benzekri, est décerné pour le meilleur Documentaire sur les Droits Humains.

Qui est Driss Benzekri? 

Driss Benzekri est né en 1950 à Aït Ouahi dans la province de Khémisset[1] au sein d’une famille berbère modeste. Pendant son incarcération, il décroche un diplôme en linguistique de la faculté de Rabat en 1983 et poursuit ses études dans la même discipline à l’Université d’Aix-Marseille en France.

Dirigeant de l’organisation marxiste-léniniste, Ila Al Amame, il a été emprisonné en 1974 à l’âge de 24 ans. Il ne sera libéré que 17 ans plus tard, en 1991, après avoir subi son lot des tortures physiques qui étaient alors infligées aux opposants politiques.
Après sa libération il poursuit ses études et obtient un magistère en droit international à l’Université d’Essex en Grande-Bretagne[1]. Il se consacre à l’étude de la langue Amazigh et sa phonétique et l’histoire de la poésie Amazigh dans les années 1930. Parallèlement à cette activité littéraire, il rédige une étude sur le mandat et les activités du Groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations-Unies et dirige des études sur l’évolution du droit pénal international.
En 1999 il contribue à la fondation du « Forum Marocain pour la Vérité et la Justice » une association non-gouvernementale qui a pour but de défendre les droits des victimes des années de répression et l’élucidation du sort des disparus. Il devient le premier président de cette instance.
Commission nationale pour la vérité, l’équité et la réconciliation
En novembre 2003, le roi Mohammed VI le nomme à la tête de l’Instance équité et réconciliation (IER) un organisme chargé de faire la lumière sur les graves violations des droits de l’homme perpétrées entre 1960 et 1999 au Maroc. Son acceptation de ce poste à la tête de la Commission nationale pour la vérité, l’équité et la réconciliation a mécontenté certains de ses anciens camarades pour qui il a été récupéré par le Makhzen.
À la tête de cette instance Driss Benzekri instruit plus de 16 000 dossiers de victimes de la répression au Maroc. Il organise des audiences publiques, transmises sur les ondes de la radio et la télévision, où les victimes ont livré des témoignages poignants sur les exactions qu’elles ont subies. Il tente d’élucider le sort des disparus, de retrouver les corps des morts et d’élucider les circonstances des graves violations des droits de l’homme perpétrées au Maroc. Cette expérience unique au monde arabe avait une limite : les responsables de ces exactions ne devraient pas être cités dans les témoignages et l’instance n’était pas habilitée à les poursuivre en justice.
Au terme de son mandat Driss Benzekri décide d’indemniser financièrement plus de 10 000 victimes et leurs familles, demande à l’État de présenter ses excuses aux victimes des violations des droits de l’homme et présente au roi un rapport recommandant la révision de la Constitution, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice.
Depuis le 11 juillet 2005, Driss Benzekri est le secrétaire général du Conseil consultatif des droits de l’homme instance gouvernementale chargée notamment du suivi de la mise en œuvre les recommandations du Rapport final de l’IER.
Fin 2005, un sondage réalisé par un hebdomadaire marocain sur l’homme de l’année a donné en tête Driss Benzekri, dont l’intégrité est reconnue par tous, devant le roi Mohammed VI qui arrive en deuxième position.
Driss Benzekri est décédé le dimanche 20 mai 2007 des suites d’un long cancer à l’âge de 56 ans.
Le dernier acte de Driss Benzekri a été de signer, sur son lit d’hôpital, peu avant sa mort, un texte qui crée une couverture médicale en faveur des victimes des années de plomb.

Témoignages

« Amnesty International se souviendra de Driss Benzekri comme d’une personne qui a grandement contribué à la promotion et aurespect des droits humains au Maroc.

Amnesty International avait adopté Driss comme prisonnier d’opinion lorsqu’il fut emprisonné pour ses convictions politiques en 1974 et les militants de l’organisation et par le monde ont fait campagne en sa faveur jusqu’à sa libération en 1991. »

Claudio Cordone
Directeur général des programmes régionaux
Amnesty International

Human Rights Watch déplore la perte du défenseur marocain des droits humains Driss Benzekri, qui est décédé dimanche d’une longue maladie, à l’âge de 57 ans.

Arrêté pour ses activités d’étudiant de gauche en 1974, Benzekri a passé les 17 années suivantes en prison, comme prisonnier politique. Libéré en 1991 par feu le Roi Hassan II, Benzekri s’est consacré entièrement à la défense des droits humains, tâche qui l’a absorbé jusqu’à la fin de sa vie.

Human Rights Watch

« C’est avec un profond regret que j’ai appris le décès de Monsieur Driss BENZEKRI, Président du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme et grand défenseur des principes et valeurs universels des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. En cette circonstance attristée, permettez moi, Majesté, de vous présenter mes plus sincères condoléances suite à cette grande perte.
Les échos affligés au niveau international, suite au décès de ce grand militant des droits de l’homme marocain, témoignent du militantisme et de la contribution effective de Monsieur Benzekri dans la promotion et la protection des droits de l’Homme. »

Luis Alfonso de Alba, président
HUMAN RIGHTS COUNCIL

« Depuis qu’il avait été nommé à la tête de votre Conseil pour accomplir la mission « équité- réconciliation » que lui avait confié votre souverain, M.Benzekri a été un élément décisif dans l’accompagnement des procédures d’évolution vers un Etat de droit de plein exercice. Son autorité, fondée sur un passé lourd d’engagement personnel, son action pour servir une transition sans heurts vers un Maroc moderne, ont été déterminants, En lui le Maroc perd un homme d’une irremplaçable valeur personnelle et morale, mais il garde une référence pour la consolidation des droits de l’Homme et les progrès démocratiques de la société marocaine. »

Ralf- René Weignartner
Centre européen de la jeunesse

« j’ai été très touchée par la nouvelle du décès de Monsieur Driss Benzekri, président du conseil consultatif des droits de l’Homme, et je vous présente, en mon nom et en celui de l’ensemble du staff de l’UNIFEM, nos condoléances les plus attristées.

Le départ de Monsieur Driss Benzekri est une grande perte pour le Maroc ainsi que pour tous les défenseurs des droits humains. Son courage et son combat pour la démocratie sont un exemple d’engagement pour les générations à venir et permettront de continuer le chemin pour la promotion et la protection des droits humains non seulement au Maroc mais aussi dans le monde. Comme il l’a farouchement défendu dans sa longue bataille pour « préservation de la Mémoire afin que demain soit différent », nous préserverons sa mémoire dans nos cœurs »

Zineb Touimi-Benjelloun
Coordinatrice des Programmes de l’UNIFEM pour l’afrique du nord, Rabat

« Le Comité des Parents des Personnes Enlevées ou Disparues au Liban vous remercie pour votre invitation à la cérémonie prévue en hommage à Driss Benzekri, l’ex président du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme et de l’Instance Equité et Réconciliation.

Nous avons l’honneur d’être parmi vous a la commémoration de Monsieur Benzekri, le symbole des défenseurs des droits de l’Homme et un militant pour la dignité humaine.

Les valeurs qu’il il a semé resteront a jamais notre guide dans le combat que nous menons pour la vérité et la justice au Liban. … »

Wadad Halwani
Le Comite des Parents des Personnes Enlevées ou Disparues au Liban

« Je tiens à titre personnel et aussi au nom de tous les membres du MCA à témoigner notre tristesse à sa famille d’abord, mais aussi à ses amis et à ses proches. Sois notre messager auprès d’eux et dis leur toute la fierté que nous avons ressentie au vu de ses divers combats d’avant-garde, menés avec un courage exemplaire et tout autant d’humanisme. Plus récemment son remarquable travail effectué au sein de l’IER avec ses compagnons a ravivé nos espoirs de jeunesse, et nous nous prenions à rêver que cette action rédemptrice, porteuse de réconciliation réelle, se propage du Maroc vers le reste du Maghreb pour enfin envisager notre avenir commun en toute sérénité »

Nadir SIDHOUM,
Président du Mouvement pour une Citoyenneté Active Paris

« Au nom du comité exécutif et des membres du REMDH, je vous présente mes plus sincéres condoléances à la suite du décès du grand défenseur des Droits de l’Homme, Monsieur Driss Benzekri, le 20 mai. Je vous remercie de bien vouloir transmettre également mes condoléances à la famille de Driss Benzekri »

Kamel jendoubi, 
Président du Réseau euromed pour les Droits de l’Homme, Copenhaguen

« Au nom de l’Association pour la prévention de la Torture (APT), Monsieur le secrétaire général Mark Thomson vous présente ses sincères condoléances suite au décès de votre président Monsieur Driss Benzekri, défenseur des droits de l’Homme qui a joué un rôle historique pour le Maroc. »

Mark Thomson, secrétaire général
Association pour la prévention de la Torture

« La personnalité de Driss Benzekri a marqué la FIDH comme, nous en sommes convaincus, toutes les organisations, et toutes celles et tous ceux qui l’ont côtoyé. Sa personnalité, marquée par la dignité, le courage et la détermination, ne pouvait laisser indifférent. La FIDH souligne pour sa part le très grand apport de notre ami Driss Benzekri à la cause des droits de l’Homme au Maroc et dans la région.

Nous avons eu la chance d’entendre l’analyse de Driss lors de la clôture du troisième Congrès Mondial contre la peine de mort en janvier dernier à Paris. »

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
Souhayr Belhassen, Présidente
Antoine Bernard, Directeur exécutif

« La LDH apprend avec émotion le décès de M. Driss Benzekri, président du Conseil consultatif des droits de l’Homme au Maroc.

La LDH salue la mémoire d’un militant infatigable des droits de l’Homme qui avait subi 17 ans de prison en raison de ses opinions. Libéré en 1991, il s’investit dans le monde associatif marocain et n’aura de cesse de faire la vérité, encore incomplète aujourd’hui, sur les années de plomb qui frappèrent le Maroc. Président de l’Instance Equité Réconciliation, il obtint que les anciennes victimes puissent s’exprimer publiquement, ce qui demeure un exemple pour tous les pays africains. »

La ligue française des droits de l’Homme

« En cette douloureuse circonstance, je tiens à vous exprimer en mon nom et celui de l’ensemble du personnel du PNUD nos condoléances attristées suite à cette grande perte. Le Bureau du PNUD gardera en mémoire le travail inlassable de ce grand militant en faveur des droits de l’Homme ainsi que son engagement pour les causes justes. »

Yvonne Helle
PNUD, Rabat

« J’ai connu Driss Benzekri lorsqu’il était jeune enseignant au collège Ibn Ajerroum de Tiflet où j’étais moi-même élève. Il n’a pas été mon professeur mais je me souviens avec netteté de sa silhouette mince traversant la cour ; son allure juvénile lui donnait une apparence trompeuse de fragilité qu’il a toujours conservée. Sa voix, pourtant douce, ne masquait pas sa détermination et sa force de conviction.

Déjà, il se distinguait de son entourage, étant l’ami de tous, mais sans extériorisation excessive et sans épanchement superflu.

… Cependant, le plus extraordinaire à mon sens est qu’après avoir subi lui-même dix sept longues années d’incarcération, il n’en a tiré aucune acrimonie contre quiconque. Il a compris, selon ses propres termes, que « la société marocaine ne peut vivre en permanence dans le refoulement et le ressentiment ».

Abdesslam Ahizoun
Président – directeur général Maroc Télécom

 

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