samedi 25 septembre 2021
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Badi Lalla, la Diva du Blues Amazigh Touareg du Désert

Elle a pris sous son aile tout un mouvement musical naissant entre l’Algérie et le Mali, en nourrissant de jeunes musiciens dont certains connaissent aujourd’hui la gloire, de poésie et de mélodies ancestrales.

Badi Lalla, la doyenne du tindi, enchante encore les mélomanes de sa musique sortie du tréfonds de l’Ahaggar. Toujours drapée du traditionnel tisseghnest, boitant légèrement sous le poids de ses 79 ans, « Lalla », comme aiment à l’appeler les touaregs, continue à accompagner sur scène ses protégés du groupe « Tinariwen » et d’initier d’autres troupes traditionnelles ou modernes à Tamanrasset. Depuis décembre 2015, celle que les touaregs   considèrent comme leur  « mère spirituelle » au même titre que les doyennes de l’imzad, ne cesse d’alimenter les colonnes de la presse européenne après son passage sur une scène parisienne avec «Tinariwen» pour l’enregistrement de leur dernier album live. Lors des principales manifestations culturelles de Tamanrasset, Lalla accueille les invités de la capitale de l’Ahaggar assise à même le sol en compagnie d’autres femmes touarègues autour d’un instrument de percussion en forme de mortier, le «tindi», et entourée de méharis comme il sied aux plus authentiques  cérémonies de la région. En ville, au pied du tombeau de la reine touarègue Tin Hinan, comme en plein désert, Badi Lalla, doyenne du tindi, se fait un point d’honneur de déclamer elle même les poèmes anciens, en Tamasheq, soutenue par le rythme en boucle produit par de ce mortier de bois, si singulier. Sur scène ou lors de cérémonies, «Lalla» donne toujours l’impression à ses spectateurs qu’à travers elle, «c’est le désert qui parle» et que les ancêtres des touaregs racontent leur histoire et leurs légendes du fin fond des montagnes de l’Ahaggar.   Depuis une vingtaine d’années, «Lalla» investit la scène artistique avec un autre style après sa collaboration, au début des années 1990, avec de jeunes musiciens et militants touaregs maliens qui avaient le blues et le  Ténéré chevillés au corps et qui formèrent «Tinariwen». Née en 1937 à In Guzzam au sud de Tamanrasset près de la frontière algéro-nigérienne, Badi Lalla, Badi Lalla Bent Salem de son vrai nom, diffuse dans le paysage musical targui sa poésie qu’elle collecte depuis l’âge de dix ans auprès de sa mère Lansari Bakka. Le «Tindi guitare». Après son
expérience avec Tinariwen, Lalla se lance dans un style particulier basé sur la poésie et les rythmes de ce chant ancestral, en introduisant la guitare électrique, et les sonorités du blues du Ténéré, la  basse et de nouveaux instruments de percussion.

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