jeudi 9 novembre 2017
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Un Berbère Pharaon d’Égypte, vraiment ?

Egyptiens

Le peuple Berbère cultive le secret comme d’autres cultivent les honneurs. L’histoire de ce peuple de nomades est encore mal connue, beaucoup de zones d’ombre restent à éclaircir.

Et beaucoup de chapitres de l’histoire des Berbères resteront à jamais inconnus, faute de traces écrites.

Savez-vous par exemple que les termes Amazigh, Maure, Zénète, Gétule, Mâchaouach, Touareg ou Libyen Saharien désignent tous le peuple Berbère ?

À l’image de cette œuvre du peintre orientaliste Théodore Frère, on ne sait guère d’où viennent les Berbères. Et pour cause, les Berbères n’ont pas vraiment laissé de traces écrites de leur longue histoire. Leur origine fait toujours l’objet de débats entre historiens et ethnologues.

L’origine même du mot « Zénète » est encore discutée, chacun avançant sa propre théorie. Il est possible que personne ne détienne la vérité finalement.

L’histoire des Berbères, peuple à la fois nomade et sédentaire, nous est révélée par les textes d’autres civilisations qui les mentionnent. Dans l’Antiquité, les textes grecs et romains évoquent les peuples d’Afrique du nord sans préciser leur origine ni leurs coutumes. On sait simplement qu’ils étaient de redoutables guerriers montés à cheval et qu’ils vivaient dans les régions comprises entre Alger et Tanger.

Velours pourpreLors des invasions, ils se retranchaient dans les montagnes ou descendaient dans le désert du Sahara. Ils étaient réputés pour leur pourpre et leurs fauves. Rappelons ici que le Sahara étaient une contrée verdoyante au néolithique, à l’époque où les groupes humains sont passés du statut de chasseur-cueilleur itinérant à celui d’agriculteur sédentarisé, environ 6000 ans avant Jésus Christ dans le Maghreb.

Il est assez difficile de s’y retrouver, tant les historiens se contredisent. Il est communément admis que le peuple des Gétules descend de la civilisation capsienne, originaire de la région de Gafsa dans le sud de la Tunisie.

La ville de Gafsa, sud de la Tunisie
On connait les épopées des Phéniciens, des Grecs, des Romains ou des Carthaginois, contemporains des tribus Berbères, mais on ignore presque tout des Berbères. Si ils étaient connus pour leurs pourpres, cela nous rappelle que les Berbères avaient accès aux rivages de la Méditerranée, et même au delà. Car les couleurs pourpres étaient obtenues à partir des coquillages appelés communément Murex. Coquillages du genre Murex

Ces mollusques gastéropodes contiennent une molécule proche, dans sa formulation chimique, de l’indigotine produisant le coloration indigo. C’est à partir de cette molécule que les anciens produisait la coloration pourpre. On dit que 12000 de ces mollusques étaient nécessaires pour fabriquer 1,5 gramme de pigment pourpre. C’est pourquoi les tissus pourpres étaient réservés aux élites.

D’ailleurs, la coloration pourpre, dont la plus célèbre était la pourpre de Tyr, se nommait aussi pourpre impériale ou pourpre royale. Seuls les empereurs et les hauts dignitaires de l’Église chrétienne portaient des vêtements pourpres. Costumes cléricaux avec une ceinture pourpre

Portées lors des cérémonies religieuses, le ceinture pourpre est une distinction vestimentaire, apanage des membres du clergé occupant les positions les plus élevées dans la hiérarchie de l’Église romaine. Rappelons que cette tenue distinctive ornée de la ceinture pourpre a été adoptée par les ecclésiastiques sur le modèle des toges romaines au quatrième siècle de notre ère.

Cette digression à propos de la fameuse couleur pourpre nous apporte quelques indications sur l’isolement tout relatif des Berbères dans l’Antiquité. Selon Pline l’Ancien (23 ap. J.-C., 79 ap. J.-C.), la pourpre la plus estimée était, en Asie, celle de Tyr, ville située dans l’actuel Liban, sous domination Phénicienne à l’époque.

Or, des textes latins anciens, datant de deux ou trois siècles avant J.-C., faisaient référence aux pourpres du peuple des Gétules, autrement dit des nomades sahariens. Cela démontre que, sauf à considérer les Berbères comme les précurseurs de la fabrication des pigments pourpres, les Berbères entretenaient des relations avec d’autres peuples du pourtour méditerranéen. Au point de reproduire les techniques phéniciennes de production de ce pigment.
La Grande pyramide de Khéops

Une autre preuve du rayonnement du vaste peuple berbère nous vient d’Égypte. La XXIIe dynastie pharaonique fut d’origine Amazighe. Elle dirigea l’Égypte aux alentours du VIIIème siècle avant J.-C., et atteste de la présence des Berbères Amazighe dans le delta du Nil. (2)

C’est de ce riche passé que proviennent les tribus Beni M’Guild, les Beni Ouarain du Maroc, mais aussi les Beni Snous ou les beni Messous d’Algérie.

Ce rapide survol de l’histoire des berbères ne sauraient s’achever sans évoquer la beauté et l’élégance des femmes berbères.

Les femmes berbères sont d’ailleurs si belles que bon nombre de marocains (entre autres) rêvent en secret d’épouser une Berbère. Ne dit-on pas au Maroc qu’une femme marocaine particulièrement belle a forcément du sang berbère qui coule dans ses veines ?

Ainsi s’achève (momentanément) notre périple dans l’histoire ancienne du pourtour méditerranéen dans les pas du peuple Berbère. Qui aurait imaginer qu’un (très) bref historique du monde berbère nous amène à évoquer les costumes cléricaux du clergé, les dignitaires romains, les mollusques gastéropodes ou les pharaons de l’Égypte ancienne ?

Preuve que l’univers des Berbères est d’une richesse infinie, qu’il nous sera impossible de cerner complètement un jour, tant les Berbères sont passés maitres dans la faculté de cultiver le secret.

Dans la suite chronologique des aventures extraordinaires des Berbères, l’article Quand les Berbères prenaient la mer a de quoi donner la nausée à celles et ceux qui n’ont pas le pied marin.
Un article à ne rater sous aucun prétexte, tant le lien qui unit les Berbères à la mer peut paraitre surprenant … pour un peuple qui occupe les rives de la Méditerranée et de l’Atlantique de l’actuel Maroc et au delà depuis l’Antiquité …

Par LES AJUSTEURS

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